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Efficacité énergétique

I. Le contexte
Au Sénégal, le secteur de l’Énergie est confronté à d’importants défis. Il fait face à des besoins en consommation croissants autant pour l’électricité (hausse moyenne de la demande de 4 à 5%), les hydrocarbures et la biomasse. Il est également caractérisé par sa fragilité du fait de la forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur (importations de produits pétroliers représentant près de 45% des revenus des exportations) mais aussi par les fortes contraintes notamment dans le sous-secteur de l’électricité, posant ainsi l’épineuse question de l’accès aux services énergétiques d’autant plus que le coût de l’énergie reste encore peu abordable.
Pourtant, malgré ces contraintes, le secteur de l’énergie trouve une place importante au cœur des stratégies des pouvoirs publics. Propulsée par la récurrence des enjeux environnementaux, l’énergie fait l’objet d’une attention particulière et se positionne comme l’un des principaux leviers sur lesquels agir. Au Sénégal, le secteur de l’énergie est considéré comme stratégique et, de ce fait, il apparait en pilier de l’émergence nationale et pour l’atteinte des objectifs de développement économique et social du pays.
Par ailleurs, les récentes découvertes de pétrole et de gaz, au regard des enjeux que présentent leur exploitation, vont ouvrir de nouvelles perspectives au secteur de l’énergie, mais surtout, elles offrent des possibilités franches à la maîtrise de l’énergie en accroissant les enjeux qui lui sont liés. Ces découvertes dans le domaine des hydrocarbures favorisent l’émergence de nouvelles filières avec des impacts certains sur le mix énergétique du pays et sur les coûts des produits et services liés à l’électricité mais surtout qui regorgent un potentiel d’économie et présentent des perspectives d’actions d’efficacité énergétique.
Toutefois, le Sénégal n’a pas attendu les récentes découvertes d’hydrocarbures pour matérialiser son intérêt pour la maîtrise de l’énergie. Ainsi, plusieurs initiatives historiques tant pour l’efficacité énergétique que pour le développement des économies d’énergie (RENES, ENERBAT, PERACOD, etc.) permettent d’affirmer la tradition sénégalaise de promotion de la maîtrise de l’énergie. Celle-ci, au fil des années, est l’objet de préoccupation de la part des pouvoirs publics qui portent beaucoup d’intérêt à son développement.
Au demeurant, la multiplication des défis de la politique énergétique en terme d’accès aux services énergétiques, de gestion de la production et des charges, de croissance de la demande d’énergie, de compétitivité de l’économie, etc. dans un contexte dominé par une urbanisation soutenue et par les enjeux environnementaux, a replacé inexorablement la maîtrise de l’énergie au centre des débats sur la politique énergétique. Tant cette dernière est porteuse d’intérêts et de solutions.

II. Cadre stratégique, institutionnel et juridique de la maîtrise de l’énergie

2.1. Les orientations stratégiques en faveur de la maîtrise de l’énergie
Depuis le début des années 80 l’Etat a montré son engagement pour l’efficacité énergétique comme en témoignent les initiatives pionnières prises. Depuis 2007, l’apparition de nouveaux enjeux sur la question énergétique, les influences du contexte international et communautaire et la résurgence des défis environnementaux, alimentent des perspectives favorables au développement pérenne de l’efficacité énergétique. Ces nouvelles perspectives se manifestent ainsi dans les objectifs assignés à la maîtrise de l’énergie dans la politique énergétique nationale.
a) Les influences décisives du contexte international et communautaire dans les années 2000
Au milieu des années 2000, plusieurs initiatives de la communauté internationale comme de la communauté des Etats d’Afrique de l’ouest promeuvent l’efficacité énergétique
 Le Sommet Mondial sur le Développement Durable : ce sommet en 2002 avait admis le consensus partagé dans la communauté internationale faisant de l’accès aux services énergétiques abordables et fiables un puissant moyen pour améliorer les conditions d’existence des populations des zones rurales et surtout celles des femmes. Ce sommet avait établi le lien entre accès à l’énergie et atteinte des Objectifs du Développement Durable .
 L’accord de Paris sur le climat : signé en 2015 pendant la 21eme Conférence des parties à Paris (COP21) cet accord matérialise l’alliance de la communauté internationale pour mettre en place les bases d’un nouveau régime climatique dont l’objectif est de contenir la hausse des températures bien en deçà de 2 °C et de s’efforcer de la limiter à 1,5 °C. Cet accord réaffirme l’importance des Contributions Prévues Déterminées au niveau National. Ce mécanisme, lancé depuis la COP19, constitue une grande nouveauté dans le cadre des négociations climatiques internationales. Les CDN constituent la présentation de l’effort de chaque partie dans la riposte mondiale contre les changements climatiques.
 L’initiative « énergie durable pour tous : l’initiative « énergie durable pour tous » a été lancée en 2011. Une déclaration faisant de l’année 2012, l’Année Internationale de l’Energie durable pour tous » puis de « la décennie 2014 – 2024, Décennie Internationale de « l’Energie Durable pour Tous » avait été adoptée par les Nations Unies. La résolution prise à cet effet souligne la nécessité d'améliorer l'accès à des services énergétiques fiables, abordables, économiquement viables, socialement acceptables et respectueux de l'environnement pour un développement durable. À cette fin, elle met également en évidence l'importance d'améliorer l'efficacité énergétique et d’augmenter la part des énergies renouvelables et des technologies propres dans le mix énergétique.
 L’initiative africaine pour l’accès des populations de la Communauté régionale aux services énergétiques : adoptée en 2006, elle a impulsé l’adoption du Livre Blanc Régional (LBR) sur l’accès aux services énergétiques, adopté à la 29ème conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEDEAO, le 12 Janvier 2006, qui incite à un accès élargi des populations de la région de l’Afrique de l’Ouest aux services énergétiques modernes. Les objectifs fixés visaient à l’horizon 2015 : (i) 100 % de la population d’avoir accès à un service de cuisson moderne ; (ii) 60 % de la population rurale de vivre dans des localités disposant de force motrice ; et (iii) 36 % des personnes en milieu rural d’avoir accès à un service électrique individuel. Par ailleurs, en 2012, la Conférence de l’énergie de l’Union africaine portée par le NEPAD, en cohérence avec le Livre Blanc de la CEDEAO avait débouché sur plusieurs recommandations fortes pour améliorer l’accès à l’énergie.
 La Politique d’efficacité énergétique de la CEDEAO : en 2015, la CEDEAO a élaboré sa Politique d’efficacité énergétique. Ce document qui constitue le cadre de référence de communauté en matière d’efficacité énergétique fixe à l’horizon 2020 l’objectif d’améliorer l’efficacité énergétique à des niveaux comparables aux normes internationales. Spécifiquement, il s’agit entre autres de :
o mettre en œuvre des mesures efficaces pour libérer la capacité de production de 2000 MW en 2020 ;
o éliminer les lampes à incandescence à l’horizon 2020 ;
o de réduire les pertes moyennes en distribution de l’énergie ;
o élaborer et adapter des normes d’efficacité énergétique pour le bâtiment ;
o adopter des normes et labels pour les principaux équipements énergétiques,
o etc.
 Le Centre pour les Energies Renouvelables et l'Efficacité Energétique de la CEDEAO (CEREEC/ECREEE) a été également mis en place depuis 2010 en vue de renforcer les politiques et programmes d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest à l’horizon 2030. La mise en place de ce centre participe de la volonté de la CEDEAO pour intégrer l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans activités et politiques régionales.
 La politique d’efficacité énergétique de l’UEMOA : la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UEMOA a adopté en 2009 l’Initiative régionale pour l’énergie durable (IRED) avec quatre composantes dont une relative à l’étiquetage des appareils électroménagers dans les Etats membres de l’UEMOA et une autre relative à l’instauration de codes d’efficacité énergétique dans les bâtiments. Cette initiative permettra de faire face aux défis majeurs suivants dont le système énergétique des pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) est confronté :
o l’accès des populations aux services énergétiques modernes ;
o la disponibilité de la fourniture énergétique en soutien à l’industrialisation de la région ;
o la maîtrise de la déforestation, et
o la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment issus de la combustion des combustibles fossiles dans les centrales électriques.

b) L’efficacité énergétique dans les orientations politiques et stratégiques de l’Etat
 la Lettre de Politique de Développement du Secteur de l’Energie 1997 :
La lettre de 1997 se fixait pour objectifs en matière d’efficacité énergétique :
 la réduction de la facture vis-à-vis des produits importés,
 la diminution des coûts de facteurs de production et
 la contribution à la protection de l’environnement ;
Elle indiquait par ailleurs que la politique énergétique de l’Etat devra mettre l’accent sur trois dimensions économique, social et environnemental. Dans la dimension économique, la politique économique devra visée la rationalisation des conditions, d’approvisionnement, de production, de distribution et de consommation de l’énergie.
 la Lettre de Politique de Développement du Secteur de l’Energie de 2008 : la place plus marquée de l’efficacité énergétique et la maîtrise de l’énergie dans la politique énergétique
La lettre de politique sectorielle de 2008 traduit nettement la volonté de l’Etat de promouvoir davantage l’efficacité énergétique. L’Etat affirme son choix de lancer de « grands programmes en matière de maîtrise d’énergie et d’efficacité énergétique ». Il prévoit ainsi :
 la mise en place de programmes pour promouvoir l’efficacité la énergétique
Cette volonté de l’Etat se matérialise également dans :
 la mise en place de l’étude Demand Side Management de la Senelec
 l’installation d’un groupe de travail intersectoriel sur la maîtrise de l’énergie pour réfléchir sur les perspectives d’actions pertinentes.

Encadré 1 : L’efficacité énergétique, une préoccupation ancienne
 La crise de l’électricité de 2011 comme fenêtre d’opportunités pour l’efficacité énergétique
En 2011 la crise de l’électricité qu’a connu le Sénégal, a eu pour effet de replacer l’efficacité énergétique au rang des priorités de la politique énergétique. C’est dans ce contexte que le plan d’urgence de la Senelec souligne la nécessité de réaliser des économies sur les consommations finales d’électricité.

 Le Plan Sénégal Emergent et la place fondamentale de l’énergie : c’est dans un contexte de crise de la politique énergétique que le PSE à l’horizon 2035 a érigé l’énergie au rang de pilier de l’émergence économique et sociale. Ainsi, l’Etat ambitionne de garantir un accès large et fiable à une énergie bon marché, avec des objectifs ciblés et précis, visant un prix de l’électricité parmi les plus bas de la sous-région, la réduction de moitié la facture d’électricité des ménages et la suppression des
coupures et les pertes associées d’ici 2017.
Cette articulation consacre ainsi la reconnaissance de la place essentielle de l’efficacité énergétique dans l’émergence économique nationale et la lutte contre les inégalités sociales. Elle affirme une plus ferme volonté des pouvoirs publics dans l’amélioration de l’efficacité énergétique corrélée à une conscience plus forte aux intérêts et enjeux de l’efficacité énergétique (cf figure 1).
 La lettre de politique de développement du secteur de l’énergie de 2012 : en cohérence avec le PSE, la LPDSE fait de la maîtrise de l’énergie une priorité de la politique énergétique, dans la continuité de la lettre de 2007. Elle consacre l'accès universel à l'énergie comme une priorité en vue de réduire les inégalités territoriales. C’est dans cette perspective que les pouvoirs publics ont décidé de mettre plus l’accent sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Sur le volet efficacité énergétique, la LPDSE fixe comme objectifs une réduction de 10 à 20% de la facture publique d’électricité et des économies d’énergie de l’ordre de 40% sur la demande électrique en 2020.
 La nouvelle lettre de de politique de développement du secteur de l’énergie 2019-2023 : la nouvelle lettre de politique sectorielle du secteur intervient dans un contexte de mutations profondes du secteur de l’énergie avec les nouvelles découvertes en hydrocarbures et des défis structurants relatifs à l’universalité de l’accès à l’énergie, au parachèvement des réformes sur cadre légal et réglementaire et de gouvernance.
Composée de quatre (4) orientations stratégiques, elle réaffirme la place de l’efficacité énergétique dans les priorités du secteur énergétique comme un puissant levier d’amélioration de la compétitivité des entreprises, comme une soupape et un moyen de garantir l’accès et de favoriser l’indépendance énergétique. La nouvelle LPDSE prévoit ainsi de développer l’efficacité énergétique à travers cinq (5) programmes majeurs :
o La promotion de l’utilisation des équipements efficaces et mise en place de l’infrastructure de contrôle qualité des équipements en vue de leur labellisation ;
o la réduction de la facture d’électricité de l’Etat dans les dépenses publiques
o la mise en œuvre d’un programme de sensibilisation et d'information sur la maitrise de l’énergie et sur l’efficacité énergétique ;
o l’accompagnement des collectivités locales dans l’amélioration des performances énergétiques et la gestion efficace de l’éclairage public.

 La Stratégie Nationale de Maîtrise de l’Energie (SNME) : adoptée en 2015 par l’AEME, cette stratégie constitue le document de référence du secteur de la Maîtrise de l’énergie. En cohérence avec les cadres stratégiques (PSE/LPDSE), la SNME a permis de procéder à un diagnostic du marché de l’efficacité de l’énergétique en mettant en évidence les principaux enjeux à prendre en charge dans la perspective de développement de la maîtrise de l’énergie et pour décliner les axes stratégiques. Parmi ceux-ci, figurent le renforcement de la gouvernance et du cadre juridique, la mise en place de dispositifs de financements adéquats, le déploiement des actions d’économies d’énergie dans les secteurs ciblés.
 Le Plan Stratégique de Développement de la maitrise de l’énergie : se référant à la stratégie de maîtrise de l’énergie à l’horizon 2030, le PSD décline de manière globale la vision et les objectifs à l’horizon 2023, les activités à conduire de même que les ressources nécessaires à leur bonne mise en œuvre. Il précise la vision et les valeurs sur lesquelles repose l’action de l’AEME pour remplir correctement les missions assignées. L’objectif ainsi décliné est « d’impulser une dynamique nationale de maîtrise de l’énergie pour tous les acteurs et de réaliser 13,5% d’économies d’énergie sur les consommations finales d’électricité et 16,7% de baisse sur la facture publique d’électricité dans les 5 ans á venir ». 

Figure 1 : Boucle des avantages comparatifs de l’efficacité énergétique

Source : AEME (figure de l’Agence Internationale de l’Energie retravaillée)

2.2. Le cadre juridique
La cadre juridique de l’efficacité énergétique actuel se présente comme suit :
 la loi 83-04 du 28 janvier 1983 sur l’utilisation rationnelle de l’énergie. Cette loi jette les bases de l’utilisation rationnelle de l’énergie. Parmi ses mesures qu’elle promeut, on peut mentionner :
 les possibilités qu’elle donne au gouvernement d’assurer la publication de normes de construction, d’installation de fonctionnement et de rendement de certains appareils ou de réglementer ou d’interdire la consommation abusive d’énergie ;
 l’affirmation de l’ambition de l’Etat de promouvoir l’utilisation de ressources énergétiques alternatives.
 Mais, en dépit de son caractère innovant et pionner, la loi de 1983 est restée difficilement applicable en l’absence de textes d’application.

 Le Décret du 28 juillet 2011 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’ANEE, actuel AEME qui est le bras opérationnel de la mise en œuvre de la politique de maîtrise de l’énergie ;

 Les dispositions réglementaires sur l’éclairage : en 2017, l’Etat décide d’abroger le décret 2011-160 du 28 janvier 2011 portant sur interdiction de l’importation et de la production au Sénégal des lampes à incandescence et promotion des lampes à économie d’énergie en adoptant un nouveau décret 2017-1411. Ce nouveau décret interdit l’importation, la production et la commercialisation des lampes à incandescence classique et promeut les lampes à économie d’énergie. Parmi les principales innovations du décret on peut mentionner :
 l’interdiction absolue d’importation, de la commercialisation, de la détention en vue de la vente et de la distribution des lampes à incandescence ;
 le principe d’autorisation exceptionnelle pour les lampes halogènes ;
 la promotion de la qualité des lampes à économie d’énergie travers un contrôle de conformité obligatoire aux normes nationales applicables ;
 la prise en compte de la sauvegarde
de l’environnement à travers la gestion
des déchets issus des lampes.

Le cadre réglementaire de la maîtrise de l’énergie s’est enrichit également avec les évolutions juridiques dans les domaines connexes suivants :
 la loi 2010-21 du 20 Décembre 2010 portant loi d’orientation sur les énergies renouvelables qui définit les conditions de production et de commercialisation de l’électricité d’origine renouvelable ;
 la loi 2010-22 du 15 Décembre 2010 portant loi d’orientation de la filière biocarburants ayant pour objet de créer les conditions favorables au développement de la filière ;
 la loi 2006-18 du 30 Juin 2006 qui institue une redevance prélevée sur les kWh et les services énergétiques vendus aux clients de la SENELEC (hors clients redevables d’une prime fixe) et des opérateurs
 la loi 98-05 du 08 Janvier 1998 portant Code Pétrolier ;
 la loi N°98-29 du 14 Avril 1998 qui définit les orientations du sous-secteur de l’électricité ;
 la loi n° 2009-23 du 08 juillet 2009 et décret n° 2010-99 du 27 janvier 2010 portant sur le code de la construction ;
 le décret 2009-1450 du 30 décembre 2009 portant partie réglementaire du code de l’urbanisme. Ce texte pris en application du code de l’urbanisme oblige à la prise en compte de l’efficacité énergétique dans les modalités de construction des bâtiments. L’article R196 dispose dans son second alinéa que l’instruction de l’autorisation de construire est faite sur la base des « normes en vigueur en matière d’espaces verts, de parking, d’équipements collectifs, privés ou publics et d’efficacité énergétique des bâtiments » ;
 le décret 2017-1333 relatif au contrôle de conformité aux normes des installations électriques intérieures.

2.3. Le dispositif institutionnel
L’analyse rétrospective de l’efficacité énergétique permet de constater les nombreuses évolutions dans l’organisation institutionnelle (voir tableau 2) qui traduisent l’autonomisation progressive de l’efficacité énergétique. L’érection de l’agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie traduit bien cette évolution.
a) Le Ministère du Pétrole et des Energies (MPE)
Aux termes du décret 2019-780 du 17 avril 2019, le MPE prépare et met en œuvre la politique définie par l’Etat dans les secteurs pétrolier et énergétique. Il assure la promotion, l’exploitation et la gestion des zones prospectives pour les hydrocarbures. Le MPE a l'initiative et la responsabilité des actions suivantes :
 promotion, orientation, réglementation, coordination et contrôle des activités de recherche, d'extraction et de production du pétrole brut, du gaz naturel et d'autres hydrocarbures ;
 développement de la transformation des hydrocarbures en produits semi-finis ;
 gestion des normes et spécifications des produits pétroliers, contrôle de la qualité de ces produits et lutte contre la fraude ;
 mise en place d'un cadre institutionnel et légal pour renforcer la compétitivité et la concurrence en vue du développement des secteurs du pétrole et de l'énergie ;
 réglementation et contrôle de la constitution et de la gestion des stocks de sécurité des produits pétroliers ;
 collecte et diffusion de la documentation scientifique et technique relative aux secteurs du pétrole et de l'énergie ;
 sécurité des approvisionnements en hydrocarbures et en énergie ;
 utilisation rationnelle et durable des ressources énergétiques ;
 mise en œuvre et suivi d'un programme de couverture totale du territoire national en électricité ;
 intensification des actions de mise en œuvre et de suivi de programmes énergétiques conventionnels ou non en faveur du monde rural ;
 réglementation, contrôle et orientation de la production, du transport et de la distribution des énergies conventionnelles et des énergies nouvelles et renouvelables ;
 développement des ressources humaines dans le secteur du pétrole et des Energies ;
 mise en œuvre et suivi de la politique du Gouvernement en matière d'économie d'énergie et de promotion d'énergie renouvelable ;
 intensification de l'action de sensibilisation à l'utilisation du gaz comme source d'énergie domestique.
b) L’Agence pour l’Economie et la Maîtrise de l’Energie et ses missions
En 2011, l’Etat met en place l’agence nationale de l’économie d’énergie (ANEE) qui deviendra en 2013 l’Agence pour l’Economie et la Maîtrise de l’Energie sous la tutelle du ministère du Pétrole et des Energies. Elle est chargée de promouvoir l’utilisation rationnelle de l’énergie dans tous les secteurs et pour tous les usages. Parmi les missions assignées à l’AEME figurent :
 la proposition de la stratégie nationale de maîtrise de l’énergie ;
 l’identification, l’évaluation et l’exploitation des potentiels d’économie d’énergie dans les différents secteurs d’activités ;
 le conseil et l’assistance technique et/ou financière pour la rationalisation des consommations d’énergie ;
 la conduite et l’évaluation de la mise en œuvre des programmes d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique ;
 la promotion des normes et règlements liés à l’utilisation rationnelle de l’énergie et aux équipements autonomes en énergie ;
 la mise en place d’un programme d’information, de communication et de sensibilisation auprès des professionnels et du grand public.

Tableau 1 : évolution du cadre institutionnel

Intitulé Date de création et ancrage Missions
Le bureau des économies d’énergies
1983 Division des énergies renouvelables et des économies d’énergie du MICA chargé des économies d’énergies et de rendre opérationnels les objectifs fixés en la matière
La Direction de l’Economie et de la Maîtrise de l’Energie (2009)
En 2009, l’Etat avait décidé par le décret n° 2009-34 du 26 janvier 2009 la réorganisation du ministère de l’énergie créé en 2007 avec l’éclatement de la Direction de l’Energie qui aboutit à la création d’une Direction de l’Economie et de la Maîtrise de l’Energie à laquelle succédera l’Agence pour l’Economie et la Maîtrise de l’énergie. La DEME comprenait trois divisions (la maîtrise de l’énergie ; l’information sur l’économie d’énergie ; gestion administrative et financière). La DEME a pour principales missions
• identifier, d’évaluer et d’exploiter le potentiel d’économie d’énergie dans les différents secteurs d’activité ;
• suivre et évaluer la mise en œuvre des programmes d’économie d’énergie ;
• conseiller et d’apporter assistance technique/financière pour la rationalisation des consommations ;
• promouvoir les normes et règlements liés à l’utilisation rationnelle de l’énergie et aux équipements économes en énergie ;
• mettre en place un programme d’information, de communication et de sensibilisation auprès des professionnels et du grand public ;
• proposer des stratégies et élaborer des programmes de maîtrise de l’énergie

Agence pour l’Economie et la Maîtrise de l’énergie Créée en 2011 sous l’agence nationale de l’économie d’énergie, devenue l’AEME en 2013 • la proposition de la stratégie nationale de maîtrise de l’énergie ;
• l’identification, l’évaluation et l’exploitation des potentiels d’économie d’énergie dans les différents secteurs d’activités ;
• le conseil et l’assistance technique et/ou financière pour la rationalisation des consommations d’énergie ;
• la conduite et l’évaluation de la mise en œuvre des programmes d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique ;
• la promotion des normes et règlements liés à l’utilisation rationnelle de l’énergie et aux équipements autonomes ;
• la mise en place d’un programme d’information, de communication et de sensibilisation auprès des professionnels et du grand public

III. Principaux programmes et projets de l’AEME
 Éclairage Général Efficace : il s’agit de mettre en œuvre le programme de diffusion de 4,432 millions de lampes LED auprès des ménages, petits professionnels et administrations Ce programme comporte un volet mise en place de l’architecture de contrôle qualité à travers le laboratoire de contrôle des lampes ainsi que sur le plan réglementaire la mise en œuvre des dispositions du décret 2017-1411 relatif à l’interdiction de l’importation, de la production et de la commercialisation des lampes à incandescence et promotion des lampes à économie d’énergie.
 Promotion des technologies de maîtrise de l'énergie : ce programme intègre la mise en place de projets pilotes dans divers domaines tels que le froid alimentaire, la cogénération, la sensibilisation, etc. mais aussi leur évaluation pour leur réplicabilité et leur dissémination.
 Développement des programmes structurants et amélioration de la mesure des performances : ce programme consiste dans ses différents volets à développer des projets prioritaires en lien avec les axes stratégiques déclinés dans les documents de références, à réaliser des diagnostics et audits ciblés, à tenir une base de donnée sur les technologies, outils logiciels et pratiques de base en efficacité énergétique au profit des acteurs. Il comporte également la vulgarisation des documents de planification, la mise en place du contrat de performance avec l’Etat et la modernisation du système de suivi évaluation (la réalisation d’enquêtes et études diverses permettant d’établir des situations de référence, mise en place d’outils de modélisation, dissémination d’informations et de données).
 Programme de suivi et d’analyse de la facture d’électricité publique : plus connu sous l’acronyme SARDEL, ce programme vise à réduire la facture publique d’électricité grâce au potentiel important d’économies financières évalué à 05 milliards de FCFA mobilisable avec la correction des anomalies techniques et administratives sur les différentes polices d’abonnement de l’administration. CE programme comporte trois composantes à savoir l’évaluation des économies financières réalisées sur la facture publique d’électricité, la correction des anomalies techniques et administratives de facturation et enfin la vulgarisation par le biais de l’organisation de CRD ou de CDD dans les régions ou départements.
 Amélioration des performances énergétiques des bâtiments publics : le programme vise à améliorer l’efficacité énergétique des administrations publiques grâce à la fourniture d’assistance technique, la mise à niveau énergétique ou la mise en place des contrats de performances énergétiques.
 Amélioration de la gestion de l’éclairage public : ce programme consiste à accompagner les collectivités territoriales à améliorer leurs performances énergétiques et à optimiser leurs consommations grâce à la mise en place d’une batterie d’outils de gestion de leur éclairage public. Il s’agira également de remplacer les lampadaires non performants par des lampadaires à LED avec un objectif d’au moins 90 000 lampadaires.
 Promotion des pratiques de maîtrise de l’énergie : ce programme, basé essentiellement sur la communication et la sensibilisation, consiste à la mise à la disposition des acteurs de l’information utile, des outils et technologies pertinents pour encourager l’utilisation rationnelle de l’énergie. L’accessibilité de l’information sur la maîtrise de l’énergie et la dissémination des outils adéquats permettront d’impulser un changement de comportement pour une utilisation rationnelle de l’énergie mais aussi pour assoir durablement la maîtrise de l’énergie dans le paysage national.
 Amélioration de l’accessibilité et de la pénétration de l'information sur la maîtrise de l'énergie : ce programme vise la diffusion des services d’efficacité énergétique mais aussi le développement et la diffusion des savoirs et connaissances sur la maîtrise de l’énergie (plateforme de services, centre de formation, écoles) pour soutenir une masse critique de spécialistes.
 Réglementation sur la maîtrise de l’énergie : disposer d’un cadre réglementaire adéquat et de qualité constitue une condition essentielle qui garantit le développement durable de la maîtrise de l’énergie. C’est fort de ce constat que l’AEME a entrepris un programme de renforcement du cadre juridique de la maîtrise de l’énergie au travers de plusieurs actions : mise en place d’une loi cadre sur la maîtrise de l’énergie, renforcement du cadre réglementaire avec l’adoption de décrets et d’arrêtés d’application, l’adoption de textes sur l’étiquetage des équipements, la mise en place d’une réglementation dans le bâtiment pour l’éco-construction, la mise en place de normes obligatoires) dans le pays.
 Développement des facilités financières et des compétences pour la maîtrise de l’énergie : ce programme concerne le développement des instruments de financements, la mise en place des procédures d’accréditation et de certification des experts en efficacité énergétique, le renforcement des capacités des acteurs.
 Ecofridges : réalisé en partenariat avec la DEEC et ONU Environnement, ce projet découle de l’initiative de Kigali sur l’efficacité énergétique dans la réfrigération et la climatisation et porte sur la promotion et la diffusion d’équipements de froids éco énergétiques via un mécanisme de financement innovant. Il s’agit d’un projet visant à accélérer la transition vers des solutions de refroidissements plus efficaces du point de vue énergétique et environnemental.
 Projet Initiation aux économies d’énergie dans les écoles élémentaires : ce programme d’éducation aux économies d’énergie pour les plus jeunes est déployé en partenariat du ministère de l’éducation national. Il vise à familiariser très tôt les élèves aux pratiques économes en énergie. Une convention avec le Ministère de l’éducation va définir le cadre et faciliter sa mise en œuvre effective sur tout le territoire national.
 Projet Points d’informations territorialisés : ce projet vise à assurer la territorialisation des interventions en particulier de communication, de sensibilisation et d’assistance technique de l’AEME pour les rendre accessibles aux cibles et plus adaptées à leurs intérêts et spécificités. 04 points d’informations territorialisés seront installés et animés dans les régions de Dakar, Thiès, Diourbel et Saint-Louis dans une première phase avant une extension du projet dans tous le pays.

Tableau 2 : Synthèse des programmes pionniers  

IV. Le bilan des principales réalisations
4.1. Des initiatives pionnières de soutien á l’efficacité énergétique
L’Etat du Sénégal, avec l’appui des PTF, a mis en place diverses initiatives concernant plusieurs secteurs avec des ambitions variables ont été entreprises depuis 1981 pour prendre en charge l’efficacité énergétique. Dès 1981, le Sénégal a mis en place des études de détermination du gisement d’économie d’énergie, montrant ainsi l’antériorité de notre pays en la matière. Les évaluations réalisées ont montré l’importance du gisement d’économies existant. Les études réalisées ont permis :
 d’identifier et d’évaluer le potentiel d’économie sectoriel d’énergie (industriel, habitat, et global ;
 de mettre en évidence les usages et les consommations dans certains secteurs ;
 d’apprécier le poids des consommations ;
 de connaitre la dépense publique d’électricité dans les sites administratifs ;
 de réaliser l’inventaire des mesures d’économie d’énergie à mettre en place.

Tableau 3 : Synthèse des études historiques d’évaluation des potentiel

Etudes Exécution Objectifs Secteurs concernés Acquis
Etude de « Gaucher-Pringle » 1981 (initiée par le Ministère du Développement industriel et de l’Artisanat
Gaucher-Pringle • Evaluation du potentiel d’économie d’énergie dans 14 entreprises industrielles Identification des ébauches de solutions visant à réduire les consommations
• Analyse des possibilités d’utilisation d’énergies alternatives Industrie • Evaluation des consommations des 14 entreprises (23%consommation nationale)
• potentiel d’économies d’énergie à d’économies d’énergie à 46 855 tep
Etude SEMA-Energie de 1983
SEMA • Evaluation du potentiel d’économie d’énergie dans trois secteurs d’activités (industrie, transport, habitat). Industrie, Transport, Habitat • Le potentiel d’économie d’énergie dans l’industrie évalué à 79000 tep, 26000 tep pour les transports, 23000 tep pour l’habitat.
Etude PNUD/BM/ACDI 1986 engagée par l’Etat
ND • Aider les entreprises industrielles à mieux supporter le relèvement des prix des principaux produits énergétiques Industrie • 10 sociétés industrielles bénéficiant d’audits énergétiques
• Accompagnement de la Nouvelle politique industrielle
Etude BAD/IBERDROLA 2000
IBERDROLA • Evaluation du potentiel des secteurs ND • Gisement de 401400 tep soit 60 milliards de FCFA dans tous les secteurs
• Proposition de la mise en place d’une agence dédiée à la ME
Etude APAVE CETE APAVE SUD • Evaluation des gisements potentiels d’économies dans les dépenses publiques d’électricité Finances publiques • La mise en place d’un programme d’analyse de la facturation permettra d’alléger la dépense d’électricité
Etude DSM Senelec Energies demain et QuinTsens
2009 • Identification et évaluation du potentiel national d’économie d’énergie ; définition d’un plan d’actions pour sa mise en œuvre ainsi que d’un plan de financement et d’un mode opératoire. Electricité • Proposition d’un programme national d’économies d’énergie visant tous les secteurs (ménages, industries, professionnels, administrations, etc.) avec hiérarchisation des actions, réalisation de fiches-actions et déclinaison des différents impacts

4.2. Quelques résultats des initiatives d’efficacité énergétique mise en œuvre par l’AEME

Globalement, les économies finanicères cumulées obtenues par l’ensemble des projets d’efficacité énergétique mis en œuvre par l’AEME atteignent six (06) milliards de FCFA 361 millions ,. Ces économies sont le fruits des efforts réalisés dans le cadre de la promotion de l’éclairage efficace et de l’analyse de la facturation depuis 2015. Dans le cadre de l’analyse et du suivi de la facturation. En terme d’énergie les gains réalisés grâce à la diffusion des lampes entre 2015-2019 sont de l’ordre de 23780 MWH.
 Eclairage efficace : le programme d’éclairage efficace a permis l’installation de 17 288 tubes, spots, bulbes et projecteurs à LED accompagnée de la remise en état des installations électriques d’éclairage dans 34 bâtiments très stratégiques tels que la Primature, l’Assemblée Nationale, le Conseil Economique Social et Environnemental, etc. Elle a aussi permis de diffuser 178 000 lampes fluocompactes aux différents acteurs et de renforcer les capacités des Douanes (117 agents), du Commerce Intérieur (70 agents) et des parties prenantes sur les technologies d’éclairage.
Ces opérations ont permi de réaliser entre 2015 et 2019 des économies gloables d’énergie de 23780 MWH correspondant à 02 milliards 820 millions de FCFA. Les économies d’énergie réalisées ont contribué à la lutte contre les changements climatiques. Elles permettent d’éviter 16 646 TCO2 d’émissions de gaz à effet de serre.
 La réduction de la facture publique d’électricité : le programme d’analyse et de suivi de la facture d’électricité a permis de réaliser le diagnostic de l’ensemble des polices d’abonnement de l’administration. La correction des anomalies techniques et administratives de facturation et l’organisation de comités régionaux de développement pour sensiliser sur le potentiel d’économie que représente le secteur public et parapublic ont été notées comme principales activités. Aisni, entre 2015 et 2019, le programme a enregistré des économies financières cumulées évaluées à 03 milliards 541 millions de FCFA.
 La sensibilisation et la communication : les actions déployées dans le cadre de la communication institutionnelle comme de la communication grand public a permis de vulgariser davantage les intérêts de l’efficacité énergétique, de disséminer auprès des acteurs des principes et gestes simples d’utilisation rationnelle de l’énergie. Entre 2018 et 2019, 28 structures publiques, 47 entreprises, 53 écoles, 47 entrprises, 20 établissements sanitaires, 23 marchés et 03 gares routières ont été sensibilisés à l’utilisation rationnelle de l’énergie et aux pratiques d’économie d’énergie. Plusieurs spots ont été diffusés à la télé et à la radio et des insertions réalisées dans la presse en ligne dans le cadre de la communication digitale.
 Diagnostics, assistance technique et mise à niveau énergétique : dans ce volet l’AEME a permis le diagnostic énergétique de 04 industries, 01 site administratif, 120 ménages et de 5 hôpitaux publics à Dakar. L’AEME a accompagné 9 structures publiques et privées par lesquelles la RTS, l’université de Dakar, Wakola Hotel, DMTA, etc. dans l’amélioration de leur efficacité énergétique à travers des démarches d’optimisation des consommations de l’énergie.
 La réglementation pour la maîtrise de l’énergie : l’AEME s’est engagée à renforcer le cadre juridique de la maîtrise de l’énergie. Depuis 2017, un nouveau décret est venu interdire l’importation, la production et la commercialisation des lampes à incandescence et promouvoir les lampes à économie d’énergie. A cet effet, des textes d’application sont voie de finalisation et permettront de renforcer le cadre réglementaire et contribuer à améliorer la qualité de l’éclairage. De même, les travaux dans le cadre de l’adoption de textes sur l’etiquette énergétique ainsi qu’un projet de loi sur la maîtrise de l’énergie sont dans un processus assez avancé. En outre, en collaboration avec l’Association Sénégalaise de Normalisation, l’AEME a mis en place 29 normes sur les performances énergétiques des équipements électrodomestiques (climatiseurs, réfrigérateurs, congélateurs, appareils combinés, chauffe- eau), l’étiquetage énergétique et l’éclairage (général, public et des lieux de travail). Ceci vient porter le nombre total de normes sur l’efficacité énergétique des équipements à 35.

 La production d’outils dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs :depuis plusieurs années, l’AEME a mis en place des actions de renforcement des capacités au bénéfice de plusieurs acteurs. Figurent parmi ces actions, les sessions de renforcement des capacités pour la conduite de diagnostic énergétique, la mise en place de système de management énergétique, le contrôle des lampes. De même, l’AEME a mis en place des outils méthodologiques et didactiques importants. Il en est ainsi du guide méthodologique de diagnostic énergétique mais aussi de l’application téléphonique dénommé AEME Eclairage efficace et Réglementation qui propose plusieurs ressources techniques, didactiques et documentaires pour faciliter la reconnaissance physique de la technologie d’éclairage et son régime juridique.

Figure 3 : Application de contrôle des lampes

Figure 4 : Synthèse globale des réalisations phares

Les partenaires qui accompagnent l’AEME :
IFDD, UEMOA, CEDEAO, ADEME, ANME, AMEE, Iles Canaries, AFRENER, CTCN, ONU-ENVIRONNEMENT, CETEF, BIOMA, GIZ (PERRACOD ET PED), SENELEC, PROQUELEC, ASN, ANER, BMN, DGPU, SNHLM, CERER, DEEC, PACEV, OZONE, PNEEB-TYPHA, PEEB, ADIE, FONSIS

Quelques voies utiles pour économiser de l’énergie : des gestes simples mais optimaux

Figure 5 : conseils pratiques pour économiser de l’énergie Figure 6 : conseils pratiques pour économiser de l’énergie

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V. Les contraintes et difficultés
Plusieurs contraintes rendent difficile le développement optimal de l’efficacité énergétique et empêchent ainsi de tirer entièrement les profits et opportunités. Il s’agit globalement de :
 Le foisonnement des acteurs intervenants et l’absence d’une stratégie d’intervention synergique ;
 un cadre juridique marqué par l’absence de loi cadre et par l’insuffisance des textes réglementaires ;
 une faible appropriation des dispositions réglementaires par les acteurs clefs ;
 l’insuffisance des financements pour le développements des programmes ;
 l’absence d’instruments financiers incitatifs (taxe, subventions, aides financières, ligne de crédit dédié à des taux préférentiels, prêt à taux zéro, fonds de maîtrise de l’énergie, mesures tarifaires, etc.)
 un potentiel d’économie d’énergie encore faiblement exploité ;
 une faible appropriation des principes et enjeux d’économie d’énergie par les acteurs.

Annexe 1 : glossaire des concepts

 Amélioration de l'efficacité énergétique : une augmentation de l'efficacité énergétique à la suite de changements technologiques, comportementaux et /ou économiques.
 Appareil éco énergétique : appareil qui, pour fournir un service ou un travail donné, consomme moins d’énergie qu’un appareil standard.
 Audit énergétique : une procédure systématique visant à acquérir une connaissance adéquate des caractéristiques de consommation énergétique d'un bâtiment ou d'un groupe de bâtiments, d'une activité ou d'une installation industrielle ou commerciale ou de services privés ou publics, dans le but de déterminer et de quantifier les économies d'énergie qui peuvent être réalisées d'une façon rentable.
 Cogénération : tout ensemble d’équipements et de matériels installé dans un établissement en vue de produire simultanément de l’énergie thermique et de l’énergie électrique à partir de l’énergie primaire
 consommation d’énergie : correspond à la quantité d’énergie effectivement utilisé pour le fonctionnement d’un équipement ou pour satisfaire un besoin énergétique. La consommation énergétique est variable selon les performances de l’équipement, le mode d’utilisation, les conditions d’utilisation, etc. La consommation d’énergie peut être primaire ou finale. La consommation primaire.
 Economie d'énergie renvoie à une quantité d'énergie économisée, déterminée en mesurant et / ou en estimant la consommation avant et après la mise en œuvre d'une mesure d'amélioration de l'efficacité énergétique, tout en assurant la normalisation des conditions externes qui influent sur la consommation d'énergie.
 Efficacité énergétique : ratio ou autre relation quantitative entre une performance, un service, un bien et un bien et un apport en énergie.
 Energie : une grandeur physique nécessaire à la réalisation d'un travail matérialisée sous différentes formes (énergie thermique, électrique, mécanique, chimique et énergie nucléaire, énergie renouvelable.
 Entreprise de service eco énergétique : tout établissement qui s’engage vis-à-vis d’un établissement consommateur d’énergie à : effectuer des études visant à identifier et réaliser des économies dans la consommation de l’énergie ; préparer un projet qui permet la réalisation d’économie d’énergie et veiller à son exécution, sa gestion, son suivi et, éventuellement son financement ; garantir une portion des économies d’énergie ;
 Étiquette énergétique : tableau de synthèse destiné à l’information du consommateur qui résume les caractéristiques d’un produit, notamment sa consommation et ses performances énergétiques.0
 lampes à basse consommation : lampe fluocompacte dont l'énergie lumineuse est produite par décharge dans un gaz, qui consomme 4 à 5 fois moins d'électricité tout en produisant la même intensité lumineuse qu'une ampoule classique.
 Maîtrise de l’Énergie : ensemble des actions mises en œuvre en vue de promouvoir l’efficacité énergétique, l’utilisation rationnelle de l’énergie, la diversification énergétique et la substitution de l’énergie autant du côté de l’offre que de la demande d’énergie.
 Performance énergétique d’un équipement électrique : qualité relative à l’optimisation de la consommation d’énergie, calculée ou mesurée, nécessaire pour répondre aux besoins liés à l’utilisation de cet équipement.
 Substitution de l’énergie : le remplacement d’une forme d’énergie habituellement utilisée dans un secteur déterminé par une autre forme d’énergie, lorsque des considérations techniques, économiques ou environnementales rendent cette substitution avantageuse ou nécessaire.
 Utilisation rationnelle de l’énergie : l’ensemble des actions qui permettent la réduction des quantités d’énergie consommées pour la production d’une unité d’un produit ou d’un service et ce tout en préservant la qualité.

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